
Entrevue dans le journal Le Soleil de Valleyfield
par Mario Pitre, édition 30 janvier 2010
Un ex-Campivallensien dévoile le mensonge de Raël
Jean-Denis Saint-Cyr a fait la connaissance de Claude Vorilhon (Raël) en novembre 1976, alors que celui-ci donnait une conférence à Montréal. Devenu par la suite l'homme de confiance du soi-disant prophète et président du mouvement raëlien au Canada, il démissionne sans crier gare en 1990. Aujourd'hui, il dénonce le grand mensonge qui a permis à Raël de tromper ses nombreux disciples.
Natif de Salaberry-de-Valleyfield, où il a notamment enseigné aux écoles Frédéric-Girard et Edgar-Hébert dans les années 60, Jean-Denis Saint-Cyr publiait l'automne dernier son livre intitulé Confessions de Raël à son ex-bras droit, aux Éditions au Carré.
Dans ce livre-choc, l'auteur raconte son expérience au sein du mouvement raëlien et surtout, comment il en est venu à s'apercevoir de la grande supercherie qui entourait ce mouvement sectaire.
«Il faut comprendre qu'à ses débuts, le mouvement raëlien ne s'affichait pas comme une religion. Je vivais alors une période de questionnement existentiel et cette nouvelle hypothèse voulant que l'homme ait été créé en laboratoire par des êtres venus du ciel me plaisait», confiait Saint-Cyr lors d'une entrevue téléphonique.
C'est ainsi que, au fil des années, celui-ci a développé une solide amitié avec Claude Vorilhon et plusieurs de ceux qui adhéraient à cette nouvelle vision. «Dans les années 80, lorsque Raël venait en visite au Québec, c'est chez moi qu'il demeurait durant plusieurs semaines. J'étais son confident», dit-il.
À ce titre, l'ex-enseignant a rapidement gravi les échelons de la hiérarchie raëlienne: président du Conseil des sages;président du Conseil de discipline;guide-responsable pédagogique des stages de méditation sensuelle en Amérique;président du Conseil décisionnel; puis président du Mouvement raëlien pour le Canada, pendant de nombreuses années.
À une occasion, dit-il, il était venu prononcer des conférences à Valleyfield à la fin des années 70, notamment au Collège.
Mais bien que se disant prophète, Raël n'était pas infaillible. Lors d'une période dépressive au cours de laquelle il s'était reclus loin des projecteurs, il a confié certaines révélations à son bras droit. «Je me suis rendu compte qu'il n'était pas le prophète que je pensais qu'il était.»
En fait, contrairement à ses prétentions, Claude Vorilhon n'a jamais été en contact avec des extra-terrestres, selon M. Saint-Cyr. Malgré tout, au terme de cette année de réflexion, Raël allait poursuivre dans sa démarche que l'auteur dit truffée «de mensonges, manipulations et d'intrigues financières».
Ce n'est qu'en 1990 que, désillusionné, Jean-Denis Saint-Cyr décidait de démissionner de ses fonctions. «J'avais un deuil à vivre, j'avais été victime d'une grosse tromperie. Ça m'a pris du temps avant de dévoiler mon histoire car je savais que personne ne m'aurait cru, que des membres du mouvement auraient nié mes propos.»
Maintenant âgé de 72 ans, Jean-Denis Saint-Cyr a finalement choisi de lever le voile sur son vécu, pour faire en sorte que son secret ne disparaisse avec lui. «La supercherie doit absolument cesser. Trop de gens ont déjà payé trop cher pour avoir cru au message de Raël», écrit-il en avant-propos.
Mais contrairement aux deux journalistes du Journal de Montréal qui avaient enquêté sur les Raëliens, celui-ci affirme qu'il n'a pas été victime d'intimidation de la part des membres du mouvement.
Néanmoins, son livre suscite de plus en plus d'intérêt tant au Québec qu'en Belgique, en France, en Italie, là où le mouvement possède des assises.
