France B.

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En mai 2011, j’ai pris connaissance de l’existence du livre de Jean-Denis Saint-Cyr, enfin publié pour le grand public et disponible en librairie. Je connaissais ses projets d’écriture en ce sens depuis de très nombreuses années. Car déjà je devais y contribuer par mon témoignage de tous les faits et dires troublants dont je fus témoin au sein du Mouvement raëlien. Je n’ai malheureusement pu y donner suite, pour diverses circonstances dans ma vie, puis j’ai perdu contact.

Je me permets donc aujourd’hui de faire un témoignage écrit de mon passage dans le Mouvement raëlien canadien, soit de 1981 à 1986-87 et souhaite corroborer certains faits et dires dont je fus témoin, et également de confidences reçues.

De par ma grande timidité, étant alors une personne assez effacée et silencieuse, les gens ne me considéraient pas comme une menace, j’étais pour ainsi dire toujours dans l’ombre d’une façon ou d’une autre. C’est ainsi que je vis et entendis maints événements dont je peux témoigner. Bien que je n’aie lu le livre de Jean-Denis encore, j’en ai pris grossièrement connaissance sur le Web et je souhaite écrire mes souvenirs AVANT sa lecture pour respecter l’authenticité de mes souvenirs sans être influencée dans ma mémoire. Alors, voici :

J’adhérai au Mouvement raëlien à la suite de la lecture des livres de raël, qui faisait suite à mes recherches et mon engouement pour les idées concernant la possibilité de vie ailleurs dans l’univers. L’idée que je n’étais pas seule à me poser des questions en ce sens me réconfortait. Cela correspondait pour moi en une adhésion symbolique, un peu comme lorsqu’on devient membre d’un parti politique par exemple, sans nécessairement penser s’impliquer davantage.

Je me sentais très seule et désorientée à la suite d’un vécu familial très dysfonctionnel et lourd en émotions et où mon réseau social était en souffrance. Le fait donc d’adhérer au Mouvement raëlien me procurait un sentiment d’appartenance, histoire de combler un vide. Mon implication consistait à assister à une réunion mensuelle dans le sous-sol d’une église de Montréal où les membres pouvaient échanger entre eux.

Premier fait troublant : même si nul ne me connaissait, tous m’accueillaient à bras ouverts (littéralement) et me faisaient l’accolade et la bise, au premier contact! La simple question pour eux : «Es-tu raëlienne?» leur suffisait pour vous approcher «ou vous dévorer devrais-je dire» et vous affirmer que vous étiez leur sœur ou leur frère, soit leur nouvelle famille! Je me sentais brusquée et violée dans mon intimité, mais je n’osais répliquer.

Aussi, d’être ainsi acceptée sans conditions, simplement en étant un membre du Mouvement était suffisant pour eux. Ce fait me procurait par ailleurs un sentiment d’acceptation inconditionnel dont j’avais grand besoin à ce moment, dans l’état de besoin où je me trouvais. Car tout ce qui comptait à leurs yeux, n’était pas de savoir qui vous étiez, ni ce que vous pensiez ou aviez fait ou faisiez dans les faits.

J’étais souvent témoin de cette approche particulière face aux gens, portée à son paroxysme, lors des quatre fêtes raëliennes ou rassemblements officiels annuels, où l’on pouvait voir d’autres membres venir vers nous ou d’autres gens présents et leur demander : «Es-tu raëlien(ne)? ... Face à un oui, ils nous étreignaient chaleureusement sans permission. Dans la négative, ils esquivaient brutalement la personne pour passer à une autre, avec dédain et rejet, sans le moindre égard pour les individus qu’ils étaient, tel un clan fermé. Ils étaient sans ouverture d’esprit, ni respect pour l’humain proprement dit… même s’ils prétendaient vouloir les aider à «évoluer»!

Beaucoup de membres tiraient profits des idées libérales concernant la libération du corps et de l’esprit, de la liberté et de l’émancipation sexuelle promue dans les livres de raël. Beaucoup reprenaient textuellement les écrits de raël, livres en main et passages soulignés, pour appuyer leurs gestes de trop grande promiscuité et de manque de respect flagrant envers la gente féminine, faisant ainsi des pressions psychologiques et jouant de culpabilité envers les raëliennes récalcitrantes. Le tout, bien sûr, pour nous aider, disaient-ils, à élever notre niveau de conscience au-dessus de la masse (les non-raëliens) et pour travailler à la «déprogrammation» de nos enseignements moraux terrestres… travail que nous devions effectuer sur nous-mêmes (prémisse à une reprogrammation en règle, communément appelée lavage de cerveau «volontaire» qui plus est!) pour ne pas être considérée comme réfractaire.

Ainsi, le Mouvement abritait des gens au passé reprochable, tels des violeurs, des pédophiles et autres qui pouvaient s’afficher plus ouvertement, puisqu’étant membres du Mouvement, cela signifiait dorénavant ne plus avoir à se soumettre aux lois de la société extérieure de façon systématique, société dont nous étions appelés à ne plus nous sentir affiliés psychologiquement de toute façon.

Un membre avouait aimer profondément les jeunes enfants et se justifiait en disant qu’il ne devait pas être jugé comme «déviant» par la société. Il affirmait qu’il s’agissait bien d’amour profond envers les enfants qui l’aimaient en retour. Il les initiait à la sexualité en leur montrant par quels gestes sexuels ils pouvaient lui prouver leur amour en retour! Nous parlons bien ici d’enfants mineurs. Et nul ne s’en inquiétait outre mesure! Personne n’osait jamais dénoncer quelques actes que ce soit, de qui que ce soit, proclamant la liberté de choix et d’expression, proclamant que «les interdits» les abrutissaient dans leurs recherches d’élévation de conscience!

Il était évident qu’il ne fallait pas contredire les écrits de raël, car il s’était instauré, après tout, comme l’être suprême et supérieur de toute notre planète et nul ne pouvait ainsi oser remettre en question le fils envoyé des Dieux eux-mêmes… le messager de nos créateurs!

Il fut d’ailleurs dénoncé plus d’une fois, un membre en particulier, au sein du Mouvement, pour viol de plusieurs jeunes femmes raëliennes (car il y en avait d’autres, dont un qui avait violé une de mes amies raëliennes, se disant masseur professionnel). Ces histoires furent réglées à l’interne. Il fut suggéré de ne pas ébruiter ces faits… que c’était mieux ainsi. Il ne fallait surtout pas ternir la réputation du Mouvement en portant l’affaire aux autorités policières, pour ne pas entacher la réputation du Mouvement. Évidemment! Mieux encore, cet individu, à notre plus grande stupéfaction, fut finalement promu niveau 4 lors d’un stage des guides (le 6 étant raël)!

Or, bâtir les fondations d’un Mouvement en prenant parmi ses rangs une personne qui avait commis maints viols et qui est sensée représenter l’élite même de ses membres, est à mon avis d’un goût douteux! Mais comment le Mouvement en aurait-il fait autrement? Je me suis vue répondre, à mes reproches en ce sens, que cette personne apportait beaucoup au Mouvement de par ses très efficaces et nombreuses diffusions des messages de raël, apportant ainsi beaucoup de nouveaux membres au Mouvement! Leurs priorités étaient établies semblait-il!

Je travaillais pour Jean-Denis comme «graphiste» de ses publicités pour son travail personnel, puis pour sa conjointe Claire Labrie comme aide-secrétaire dans son travail d’agent d’immeuble. Quand raël séjournait chez eux, je fus témoin de maintes conversations, commentaires et confidences.

Avant l’arrivée de raël pour les stages d’été, Jean-Denis devait à sa demande, lui louer une luxueuse voiture, une Chrysler Le Baron décapotable blanche, plutôt qu’une voiture économique. raël ne se privait en aucune manière et se vautrait allégrement de chics restaurants en restaurants aux frais du Mouvement. Il ne lésinait pas devant la dépense. raël prétendait que le guide des guides devait bien être dégagé du souci de sa subsistance et devait être au-delà de ces choses. J’en fus témoin.

Les propos de Jean-Denis désapprouvaient ces excès démesurés.

Avant un stage d’été, je croisai raël chez Jean-Denis. Celui-ci avait dans son boudoir, une mine d’or d’informations littéraires, documents, revues et livres, tant scientifiques, spirituels, étymologiques, bibliques variés, puis de connaissances générales et approfondies avec des tonnes d’onglets et de prises de notes pour sa culture personnelle, étant de personnalité littéraire et cultivée. raël remercia Jean-Denis pour son travail personnel de recherches et lui dit qu’il étudierait ses notes et les utiliserait à temps pour les stages.
Ma déception était grande. Celui-ci s’abreuvait des informations et recherches d’autrui, avant de nous les inculquer lors des stages, alors que nous les croyions de son cru!

Lorsqu’il fut demandé à raël par des membres, lors d’un stage, si les belles phrases et philosophies qu’il prêchait venaient de lui, il esquiva la question et répondit : «Lorsqu’on dit quelque chose, c’est se l’approprier un peu», qu’elles devenaient nôtres, ajoutant qu’il n’avait pas reçu «la coquille d’éveil de son plein potentiel» sur la tête pour rien, lors de son voyage sur la planète de nos créateurs. Il nous laissait ainsi croire qu’il pouvait être l’auteur de ses paroles.

Bien plus tard, j’entendis ou lu ces mêmes phrases, concepts, idées, idéologies, philosophies qui nous «enjôlaient» et qui faisaient croître le sentiment d’admiration qu’on avait pour lui. Elles venaient plutôt de grands sages de l’Histoire, de penseurs, de philosophes, d’écrivains ou de scientifiques. Il ne les avait qu’empruntées, ces recherches, en omettant bien de nous instruire de leur source! Son charisme, son art de la communication, son habileté merveilleuse à enjôler et ses méthodes de suggestion et d’hypnose de groupe servaient ses intérêts personnels, son narcissisme et ses idées de grandeur, ainsi que sa soif de pouvoir. Ses membres, suspendus à ses lèvres, étaient prêts à vivre selon ses paroles, ses commandements.

On peut noter d’ailleurs qu’il ne parlait jamais d’un fait AVANT que l’information soit disponible, comme pour les O.G.M. par exemple ou autres.

Lors d’une promenade dans le sous-bois lors d’un stage, alors que j’étais seule, j’ai cru apercevoir un phénomène étrange dans le ciel. J’en fis informer raël par l’entremise de Jean-Denis, car je me posais des questions sur le potentiel de ce phénomène… Peut-être une présence, pensais-je, j’aurais tellement aimé y croire! À ma grande surprise, raël me répondit devant Jean-Denis : «Nous savons tous deux que ce n’est pas ce que tu as vu, que cela est impossible!». Puis, il chuchota à l’oreille de Jean-Denis, tout en me regardant d’un air condescendant et moqueur! À sa façon de répondre, j’ai soupçonné davantage qu’il avait bluffé sur l’intégralité de ses contacts! Je ne pouvais avoir confiance en lui, mais conservai l’idée que l’origine de la vie pouvait relever de la science venue d’ailleurs, plutôt que d’une approche mystique ou déiste. En fin de compte, j’ai conclu à un phénomène nuageux.

Lors d’un diner au restaurant, pendant un stage d’Éveil à Drummondville, raël invita avec lui une de mes amies. Celle-ci en est revenue outrée et dégoutée de l’attitude de raël. Il prônait pourtant le respect des individus dans les stages sur la scène : «Voyez les gens non pas pour ce qu’ils sont, mais pour ce qu’ils peuvent devenir!» Mon amie m’a décrit le manque de respect flagrant et l’arrogance dont raël avait fait preuve envers la serveuse en déblatérant quelques commentaires insultants à son endroit, devant tous, disant qu’elle n’était même pas capable de servir un café, avec un niveau de conscience si bas, etc.

Dans les débuts, beaucoup de membres ne travaillaient pas, ne trouvant plus leur place dans les rouages de la société, dans un engrenage en lequel ils ne partageaient plus les valeurs, ni les manières de faire, ni du principe même du travail… le système capitaliste étant montré du doigt.

Puis un jour, on entendit raël dire que les membres devaient se remettre à travailler et à gagner beaucoup d’argent. Il nous enjoignait d’être à présent le plus productifs possible financièrement, car le Mouvement pourrait en profiter et qu’il fallait s’immiscer dans toutes les couches de la société, opérer de l’intérieur même.

J’entendis Claire Labrie confier à Jean-Denis qu’elle avait discuté avec raël de ses recherches et de ses découvertes sur l’alimentation, plus précisément sur les combinaisons alimentaires et la bonne digestion. Elle avait demandé à raël de lui expliquer un fait. Lors de son voyage sur la planète des créateurs, raël aurait mangé et mangé toute une variété et panoplie de mets divers, avec plein de sauce variée, etc. Or, sa question… comment avait-il pu s’être fait servir une alimentation si déséquilibrée par des êtres censés connaître si bien le fonctionnement des humains, les ayant eux-mêmes créés. Elle raconta que raël balbutiait et ne savait que répondre, puis qu’il s’en était tiré en disant qu’ils devaient lui avoir fait subir une petite intervention auparavant, pour ne pas en ressentir les effets négatifs!

raël ne respectait pas ce qu’il prêchait lui-même.

En présence de Jean-Denis et moi, près du stationnement du terrain de camping, en stage d’été, raël demanda aux trésoriers du Mouvement raëlien canadien, Réjean Proulx, de lui virer 2000.$ pour ses dépenses personnelles et de restaurants… et de les retirer spécifiquement du fonds du Mouvement raëlien canadien, lui a-t-il spécifié, et non pas de son fonds personnel de guide des guides. Réjean, trésorier, le lui a fait répéter pour en être sûr, puis il lui confirma textuellement qu’il en serait fait ainsi. Or, il est écrit noir sur blanc dans ses livres qu’il ne prenait ni ne prendrait jamais un sous du Mouvement proprement dit, cet argent servant à la diffusion de ses messages et qu’il existait un fond pour le guide des guides qui correspondait à cet effet à 1% du salaire des membres. Il venait de passer outre, devant témoin. Jean-Denis était abasourdi et en fort désaccord, disant lorsque raël fut parti, que cela était une procédure irrégulière et qu’il avait été témoin d’autres irrégularités auparavant.

raël se vanta à Jean-Denis, en ma présence, qu’il avait eu plus d’une centaine de compagnes sexuelles différentes cette année-là et qu’il ne les comptait plus, ricanant et qu’il avait été chanceux de ne pas avoir attrapé de maladies transmises sexuellement; car il ne portait pas de préservatif, avait-il dit. Jean-Denis m’avait confirmé que raël lui avait confié qu’il n’en portait pas, car il n’aimait pas cela. Jean-Denis me disait trouver son attitude irresponsable, qu’il ne suivait pas ses propres enseignements et commandements, lui qui prônait le port de préservatifs pour tous, compte tenu de la grande promiscuité sexuelle qui se vivait dans le Mouvement raëlien, mais que raël s’en exemptait lui-même!

Lors des stages d’été, après la prise de photos de groupe, j’entendis raël, à l’extérieur de la salle de stage, demander à André Pinsonneault, niveau 4, d’aller lui trouver les plus belles filles présentes. Il se réservait une prise de photo exclusivement avec des filles. Il précisa : «Pas des grosses ou des laides, que des belles et blondes», d’un ton sarcastique. Je trouvai cela assez «macho» et arrogant de sa part et irrespectueux envers les femmes.

Nous n’avions pas le droit de mentionner des faits, même véridiques, pouvant porter préjudice au Mouvement. Au cours d’un stage des guides (formation pour devenir recruteur de membres par la diffusion des messages de raël), lors d’un exercice de diffusion que l’on devait faire sur la scène devant tous les autres, raël posa une question au membre présent, histoire de le mettre en situation : «Est-il vrai qu’il se passe des orgies dans le Mouvement?»… Le raëlien répondit avec enthousiasme par l’affirmative, témoignant ainsi des orgies ou ébats sexuels à quatre qui s’étaient justement produits la nuit dernière dans une tente voisine de la sienne et que c’était en effet vrai, que tout le monde couchait avec tout le monde et qu’il comptait dire la vérité si elle lui était demandée. Malgré les grands rires nerveux, les membres étaient surpris et confus qu’il ait osé dire la vérité. Alors, raël se leva et dit à tous qu’il ne fallait pas dire cela, qu’il fallait répondre NON, même si ça ne correspondait pas à la vérité!

Lors d’un stage des guides, raël dit qu’il nous enseignerait diverses méthodes de communications, dans le but de diffuser avec efficacité les messages de ses livres pour attirer davantage de membres, telle la méthode de suggestion et d’hypnose de groupe! Je me dis que cela était justement ce qu’il pratiquait sur nous… je me suis demandé pourquoi personne n’avait réagi!

raël nous disait dans les stages, que le Mouvement raëlien ne deviendrait jamais une religion, qu’il en était hors de question, qu’il nous enseignerait comment répondre à cette question, que nous n’étions pas une secte, ni une religion et ne le serions jamais et que si jamais il changeait d’idée, de ne plus le suivre, car il serait devenu Fou avait-il dit, et hop! (expression qu’il disait constamment pour clore la conversation).

Il disait la même chose concernant le mariage; il était contre. J’appris après mon départ du Mouvement qu’il avait instauré la pratique du mariage raëlien, également que le Mouvement était dorénavant devenu une religion. On ne peut être plus conséquent de ses paroles!

Il nous disait qu’un jour s’il utilisait des manœuvres de programmation, de soulèvement des foules (tel Hitler qui utilisait ces méthodes de contrôle) et que s’il nous demandait de faire quelque chose que nous ne voulions pas… et que s’il tentait de nous y obliger, car nous devions les faire volontairement, de ne jamais répondre, de ne pas lui obéir, de fuir, car c’est qu’il serait devenu «fou». Cela représentait une belle façon de mettre en confiance ses membres qui s’abandonnaient davantage, sécurisés par ses paroles.

Une journée, sur le site d’un stage, je croisai Jean-Denis qui me sembla fort soucieux. Il me raconta une conversation qu’il avait eue avec raël.

Cela concernait un exercice où l’on devait marcher sur la croix chrétienne en guise de déprogrammation de la culpabilité inculquée par cette religion et celui où l’on devait se dévêtir complètement, dans la salle, sur la scène, un à un, en prononçant notre nom devant les membres qui devaient nous regarder.

Jean-Denis me répéta textuellement les paroles que raël lui avait dites, mentionnant que celui-ci en jubilait; que les membres, par exemple, étaient tellement embrigadés… qu’il était lui-même surpris de réussir à se faire écouter à ce point, disant que bientôt il arriverait à leur faire faire tout ce qu’il veut et qu’un jour ils mangeraient dans sa main. «Un jour, ils vont «chier» sur la scène si je leur demande, c’est formidable!» lui dit-il.

Dans un stage, raël avait dit qu’il ne serait toléré qu’aucun homme ne lui refuse sa compagne, sous peine d’exclusion, pointant du doigt la jalousie, la possessivité. Il disait qu’il qu’aimer signifiait accepter que sa partenaire vive des plaisirs, même si c’était avec un autre homme. Un raëlien avait osé être en désaccord avec raël et lui dit sa façon de penser parce que raël avait demandé la présence exclusive de sa compagne pour la durée du stage. Il formait un beau couple avant cet incident. Cela avait fait tout un tabac. D'ailleurs, les filles considéraient comme grand privilège celui d’être appelée à avoir des relations sexuelles avec raël, fils des créateurs, lui qui symbolisait le plein potentiel intellectuel qu’un humain puisse atteindre!

Jean-Denis m’avait raconté à cet effet que raël lui avait avoué être TRÈS jaloux et possessif. Il désirait, pour cette raison, garder l’exclusivité de ses partenaires. Autre sujet, il rajouta qu’il avait été estomaqué et outré d’avoir entendu raël chez lui, au téléphone, engueuler une personne et lui «crier» après comme il ne l’avait jamais entendu auparavant. Il la traitait de toutes sortes de noms, l’injuriait, et lui parlait comme si elle était de la «m…», en employant un langage excessivement vulgaire envers son interlocutrice, m’avait-il dit.

Sur scène, raël se mit à exécuter une manœuvre de soulèvement de groupe, bras en l’air, s’écriant avec force : «On va leur montrer… ouhé! etc.» et les membres, en retour, s’écriaient comme lorsque l’on gonfle à bloc d’adrénaline une équipe sportive avant un match! Ils semblaient tous inconscients de la puissance du soulèvement, de la programmation qui se passait ici!

Je demeurai dans le Mouvement plus longtemps que je ne l’aurais voulu, car j’y avais des amis que je côtoyais. Mais une amie et moi trouvions qu’il avait enfreint un point critique. Tel qu’il nous avait mis en garde, nous trouvions qu’il devenait dangereux. Nous constations de plus en plus la soumission des membres qui, par leur attitude, nous confirmait un danger potentiel.

Cette journée marqua un tournant décisif pour nous.

Nous avons alors décidé que ce serait notre dernier stage. Nous avions dès lors quitté le Mouvement et quelque temps plus tard, j’enjoignais cette amie à officialiser par lettre écrite au Mouvement, notre démission du Mouvement raëlien.

Jean-Denis me raconta que raël avait confié sa fille, à ses 14 ans, à un homme beaucoup plus vieux qu’elle, pour l’initier sexuellement et qu’il avait dit qu’à 14 ans, il était temps… que c’était l’âge, et qu’il était fier de participer à son émancipation sexuelle. Jean-Denis se brassait littéralement la tête à deux mains, répétant; «A-yaille-yaille, il lui enlève le pouvoir de choisir et de vivre une relation épanouissante avec un jeune homme dont elle serait amoureuse, en son temps, en connaissant l’amour, surtout pour sa première fois!».
Il était outré et visiblement atterré!

Puis, il fut estomaqué que raël ait répondu à un homme qui venait de perdre un enfant, que ce n’était pas si grave, qu’il lui en restait un autre!

Puis nous avons perdu contact.

En 1991-92 environ, j’eus un contact écrit avec Jean-Denis où il m’informa qu’il ne travaillait plus à diffuser les messages de raël et ne le suivait plus… et qu’il était en écriture d’un livre.

Puis lors d’un nouveau contact écrit, à mon retour à Montréal, j’eus la confirmation qu’il écrivait un livre pour dénoncer raël et ses tromperies. Je lui proposai, s’il en avait besoin, mon témoignage, en tant qu’ex-membre. Mais je ne pus donner suite.

Puis, nous avons perdu contact à nouveau, jusqu’à ce que je découvre son livre sur le Web. Je ne puis qu’apporter mon témoignage s’il peut être utile pour rejoindre un (ou des) raëlien en remise en question : pouvant ainsi participer à le (les) libérer du joug de raël et du Mouvement. Si tel est le cas, tant mieux!

Il est intéressant de noter le rapprochement entre les méthodes culpabilisantes et contrôlantes qu’utilise raël, comparées à celles découlant de la religion catholique dont il en condamnait pourtant les mêmes méthodes. Par exemple (le sens général et non textuellement dit);
- Croyez-en moi et vous serez sauvé, n’y croyez plus et vous serez banni.
- Une fois que vous avez pris connaissance des messages, prenez position et faites selon, sinon vous ne serez pas recréé et n’aurez pas droit à la vie éternelle sur la planète des Elohim nos créateurs lorsqu’ils viendront ramener avec eux les justes (les croyants en raël une fois les livres lus).
- N’oubliez pas que «vous êtes surveillés en tout temps par un ordinateur géant qui enregistre le moindre de vos faits et gestes… et «surtout» vos pensées…» Heum!

raël disait souvent cette phrase, empreinte de chantage émotionnel : «Sortez du Mouvement et vous y reviendrez à coup sûr, allez goûter ailleurs, «on ne quitte pas le Mouvement», on y revient toujours, vous allez toujours revenir!». N’est-ce pas là les paroles habituellement employées par les hommes possessifs et contrôleurs envers leur conjointe, prêts à commettre un crime passionnel si elle ose les quitter?

Aperçu de méthodes semblables :
Comment ne pas faire le rapprochement avec les méthodes connues de contrôle, de lavage de cerveau et d’embrigadement des membres avec ceux des autres sectes connues à travers le monde! Ces méthodes sont semblables. Elles sont insidieuses et opèrent graduellement, hors de la conscience du sujet qui vit entretemps, probablement, pour la toute première fois, des moments d’euphories grandissantes par le biais d’expériences variées, sensuelles et de culpabilisantes, jusque-là interdites et tabous dans notre société. Bien qu’inoffensifs, les effets de ces plaisirs nouveaux camouflent le contrôle insidieux qui s’opère déjà en lui, à son insu, par les diverses méthodes habilement utilisées dans les stages.

Les patterns utilisés ne sont guère différents.

D’abord :
La «Mise en confiance»;
Une approche empreinte d’un grand sens humanisme, de compréhension, d’harmonie et de charisme inéluctable pour mettre en confiance les gens les plus à risque de par leurs besoins, leur personnalité, leurs étapes de vie, leurs convictions ou leurs idées, leur confiance!

Confiance pour les individus en besoin, seuls, influençables, crédules, anarchistes, excentriques, libres penseurs, en recherche spirituelle ou psychologique ou d’un sens à donner à leur vie, en recherche de réponses, de l’origine de la vie, soif de vérité, d’une cause à défendre ou de simples corrélations avec des idées similaires, voire même scientifiques.

Instauration d’une confiance graduelle et totale, prémisse au lavage de cerveau éventuel.

Puis le
«Retrait du réseau social et familial»;
Sentiment d’appartenance à une nouvelle famille.

Rejet, indignation ou craintes et reproches de la part de notre famille réelle, de nos amis, apportant avec leur départ, une perte de ressources, de conseils et d’aide potentielle.
Désaffiliation d’avec la société.

Vient la méthode du
«Jeûne»;
Méthode connue favorisant une perte de défense cognitive momentanée, préalable à l’induction du lavage de cerveau.

Tout jeûne bénéfique ne devrait pas être fait en période de décision importante, mais de repos.

Une journée de jeûne où il nous était interdit de parler à qui que ce soit prépare l’individu pour assimiler la suite, telle une éponge!

Le
«Lavage de cerveau»;
Induction du lavage de cerveau à son insu, exercices laissant croire à une déprogrammation volontaire de nos «bibittes» sclérosantes, telle une thérapie consciente et délibérée de notre «ancienne vie» prétendument pour notre mieux-être.
Suggestion induite d’être en pleine possession de nos moyens, prétextant qu’aucun lavage de cerveau ne peut avoir lieu s’il est fait sur une base volontaire et consciente de l’individu!

raël disait à cet effet : «Si on vous demande si vous avez subi un lavage de cerveau, vous leur dites non, vous leur dites : je l’ai décidé moi-même, j’en suis conscient donc ce n’en est pas un, et hop!»

Remettre en question ses expériences traumatisantes et négatives du passé pour les transcender n’est pas mauvais en soi, méthodes enseignées dans tout bon livre de développement personnel, remarquera-t-on. Mais la substitution dirigée par autrui qui s’en suivait était insidieuse.

Puis, le Contrôle de l’esprit, méthodes d’hypnose, de suggestions mentales, effet d’entrainement de groupe. Perte du libre arbitre et substitution de ses pensées pour celles d’autrui… par bombardements intensifs de fortes suggestions répétitives.

Les raëliens en stage, s’abreuvaient littéralement des paroles de raël, de ses enseignements, de ses commandements!

Puis le contrôle du
«Comportement»;
Substitution par de nouvelles règles de vie et de conduite, modification des mœurs, nouveau mode et raison de vivre, but prédéfini et tracé.

Conviction induite de «mission» à accomplir par les phrases magnifiques de raël, empreintes d’espoir d’un monde nouveau, qui rappelait les paroles de Jésus à ses disciples.

Invitation à la désobéissance civile si circonstances contraires à nos nouvelles valeurs nouvellement adoptées. Règles internes, instauration d’un code de conduite, de conseil disciplinaire interne. Minisociété instaurée à laquelle il fallait dorénavant répondre.

Acceptation du concept d’un
«Être suprême»;
Incitation à suivre un individu s’étant instauré «Être supérieur», un Gourou, un Prophète, un fils de Dieu supérieur aux autres, qu’on ne peut défier, ni remettre en question.

Attitude de
«Soumission»;
Confiance et foi totale menant à l’obéissance, à la servitude et prête à tout faire pour «la cause» par perte de discernement acquis.

Substitution de ses propres convictions pour celles d’autrui, danger d’exécution d’ordres, voir possibilité d’atteinte à sa propre vie s’il le fallait.

«Contrôle financier»;
Demande de cotisations habilement suggérées pour laisser croire au libre choix, demande de productivité financière pour nourrir les coffres, demande de rédaction de testaments au profit du Mouvement, du guide des guides.

«Contrôle total»;
Perte de notre individualité intrinsèque, de nos valeurs, de nos choix de vie, de pensées et de paroles! Maîtrise totale d’un individu sur un autre.

D’ailleurs, il est n’est pas surprenant de voir que ses membres réagissent de la même façon et aient le même langage verbal aux lèvres, les mêmes phrases et réponses qu’on leur a enseignées machinalement, qui découlent d’un automatisme inouï! Et ils se croient tous authentiques!

Bien qu’on ne puisse attribuer la responsabilité des faits et gestes ou des dires des «membres» du Mouvement à raël lui-même, je crois qu’on peut souligner, du moins, sa responsabilité à l’INCITATION elle-même, puisqu’il les a si bien programmés en ce sens!

Je crois qu’il faut dénoncer cet homme qui s'est usurpé des droits de contrôle mental sur d'autres humains pour sa gloire personnelle. Cet homme a très bien exécuté son travail de «lavage de cerveau» et il semble plus difficile pour certains de s'en dépêtre que pour d'autres, malheureusement.

Ceux qui veulent croire en lui, malgré toutes les preuves de la terre, continueront de le faire malgré tout, envers et contre tous.

Pour ceux qui veulent un tant soit peu faire acte de réflexion, ils se souviendront qu'elles furent nombreuses les histoires de domination de l'esprit sur d’autre, à l'échelle individuelle et plus encore de soulèvement massif de populations entières, suivant quelques chefs spirituels ou autres esprits dominateurs, car ainsi est fait l'homme. La plus catastrophique demeurant celle qu’instaura Hitler.

Ce qui fait défaut ici n'est pas l'individu faisant preuve de confiance envers ses pairs et qui cherche à s’améliorer, mais bien celui qui use de son talent de charmeur, de communicateur, de contrôleur, qui use de ses connaissances et de ses savoirs dans un but précis, à l'insu réel de l'individu même, dont la bonne foi sert à nourrir quelques besoins narcissiques d'un individu qui fait preuve d'«abus de pouvoir» comme le fait raël dans le cas présent.

L'histoire ne fait que se répéter, il n'est pas le premier et ne sera pas le dernier. À nous d'avoir l'œil ouvert et de ne jamais substituer les opinions, conceptions et visions d'autrui pour les siennes. L'histoire ne nous l'a-t-elle pas enseigné maintes fois déjà par le passé?

Il est permis de se questionner, de penser et d’interpréter différemment, car c’est justement la nouveauté, l’imagination, les rêves et les remises en questions qui font avancer l’humanité, mais il n’est pas souhaitable de voir embrigader ses pensées, sous une institution, un Mouvement, une religion ou une secte particulière, car les abus guettent ses membres, instaurés par quelques personnes en quête de pouvoir. Il existe un danger réel dans le regroupement sectaire des idéologies. Mieux vaut demeurer libre penseur et partager ses idées, en être libre, que de les voir contrôler par des chefs moraux ou spirituels!

Pour ma part, lorsque je croisais raël, il me fixait et ne me parlait pratiquement pas. Je doutais qu’il sût fort bien que je n’avais pas confiance en lui et remettais en question sa crédibilité et que je ne le crusse pas entièrement. J’avais peur qu’il le voie dans mes yeux ou mon regard.

Il était facile de constater que raël attendait dans le regard des autres, qu’on l’adule. Il me semblait ainsi contrarié par le mien, qui n’offrait pas la soumission ou l’admiration, mais la remise en question de sa personne. Son attitude était stoïque en ma présence, où il avait tendance à fuir mon regard.

J’adhérais à l’idée que l’origine de la vie sur terre puisse nous venir d’ailleurs, mais je n’adhérai pas entièrement à l’idée que raël y avait un rôle à jouer. Après tout, des écrits sur cette hypothèse existaient déjà. Je gardais pour moi mes idées et me sentais mal placée pour en discuter avec d’autres membres.

Nul ne connaissait mes pensées, mes positions, ni même mes convictions profondes. Je ne partageais avec personne, préférant garder pour moi la base de mes valeurs intactes, pour ne pas les voir se faire manipuler ou corrompre par le Mouvement ou par ses membres.

Je me souviens de ma façon de me protéger. Lorsqu’il fallait garder silence lors du jeûne. Les responsables du repas avaient amené notre prochain repas de riz blanc dans une poubelle déjà utilisée, qui fut lavée, où nul ne pouvait répliquer. Presque tous en ont tout de même mangé, sans rouspéter. Dès les premières bouchées, raël inculquait de nouvelles idées dans la tête des gens, moments opportuns associés au plaisir de manger à nouveau où je me répétais intérieurement au lieu de l’écouter : «Je ne me laisserai pas programmer par les idées d’autrui, nul ne modifiera mes pensées ou me fera subir un lavage de cerveau, je garde mon authenticité, je suis bien comme je suis». Ces paroles, j’eus à me les redire souvent, car il était que trop facile de tomber dans ses manipulations de l’esprit, chose que je me refusais, bien que certaines aient fait son œuvre malgré moi, jusqu’à un certain point.

Je ne m’intégrais pas entièrement au groupe, vivant les stages en logeant toujours hors du terrain de camping. Cela a surement contribué à faciliter ma prise de liberté face au Mouvement ou devrais-je dire cette secte, et faciliter mon adaptation ou retour à la vie «terrestre», parmi les humains faisant partie de notre humanité… et à y retrouver un sens profond et des valeurs réelles et personnelles.

Bien que fut difficile la transition, je ne puis m’imaginer quel enfer ou calvaire d’autres membres ont bien pu vivre pour s’en dépêtre, s’en libérer, s’ils étaient totalement «convaincus» des idéologies, mode de pensées et de vivre enseignés par raël. Je puis vous assurer qu’il s’agit là du plus difficile exercice de maitrise de ses pensées et de ses émotions que de se «décontaminer» d’un lavage de cerveau ou de cette influence extérieure si puissante, qui contrôlaient vos pensées, vos actions, votre vie, sans compter le ressentiment d’avoir été leurré, trompé, pendant parfois bons nombres d’années!

Finalement, je me suis donné la permission de penser autrement.
Ma conception aujourd’hui de nos origines, correspond davantage à un amalgame de pensées, philosophies, hypothèses et recherches différentes, basées sur mes déductions personnelles au fil des ans et ne correspond aucunement à un quelconque groupe ou ligne de pensée partagée ou déjà établie d’avance.

Malgré la culpabilité instaurée par raël, face au fait qu’il fallait, avant de se permettre d’avoir des enfants, «avoir atteint un niveau de conscience et de sagesse supérieure»… où le fait d’avoir des enfants étaient mal vu et jugé, j’ai eu trois enfants, tous très intelligents, talentueux et très conscients, et dont je suis fière!

Je puis affirmer par mes recherches face à l’éducation des enfants et principes de psychologie que le fait de «taper» un enfant, même moins de 7 ans, tels qu’enseignés par raël comme système d’éducation, n’est guère une méthode recommandée. Nous connaissons aujourd’hui d’autres méthodes qui sont plus à propos, qui conscientisent et responsabilisent les jeunes enfants et donnent de bien meilleurs résultats.

Pour ma part, J’ai retrouvé mes valeurs propres et me suis fait une vie, au bout d’un long cheminement personnel, mais seule cette fois, parmi les humains : )!
J’affirme que tout ce que je mentionne ici est la vérité.
France

S.V.P. Si mon témoignage est utilisé, veuillez laisser à ma demande le nom «raël» en minuscule dans mon texte, qui ne tient pas d’une faute d’orthographe, mais bien d’un choix personnel délibéré, merci.

En début juillet, j’ai lu, finalement, le livre de Jean-Denis; «Confessions de raël à…» Je me permets de rajouter ces quelques commentaires :

Page 23;
J’ai en effet eu l’opportunité de voir en personne, un os lyophilisé, dans sa petite boite, lorsque Jean-Denis avait été cherché celui-ci pour le transporter vers la banque.

Page 54;
En effet, raël transmettait lors des stages, des enseignements, des phrases toutes faites, des idéologies et manières de faire, provenant de sources autres que les siennes, que j’ai lu ou entendu ailleurs, des années plus tard, et qui provenaient de «sages», de différents prophètes, de différents écrits religieux ou de philosophes de notre monde, dont la source était cette fois-ci révélée. Beaucoup de ces informations lui provenaient de Jean-Denis, notes organisées que j’avais moi-même vues dans le boudoir de Jean-Denis, avant que raël ne les lui prenne, pour en faire siennes, comme j’en ai été témoin.

On peut se demander en effet, où était la place des Elohim dans tout ça, car en fait, il n’en parlait jamais en soi, fait que je n’avais même pas remarqué à l’époque.

Page 73;
Je me souviens avoir entendu parler de raël qui désirait apporter son histoire sous forme de film et où l’idée avait été soumise auprès des producteurs d’Hollywood, lesquels auraient rejeté cette possibilité, je crois. J’ai d’ailleurs accompagné Jean-Denis et raël au cinéma, pour y voir un film fantastique-scientifique, sur un sujet de création d’une nouvelle espèce humanoïde. raël avait dit qu’il y avait là, de bien bonnes idées à retenir… Il semblait en effet étudier tout ce qui pourrait lui servir.

Dans une interview par Denis Lévesque, Jean-Denis parle d’une situation où, à la piscine, raël reluquait de très jeunes filles. Je ne sais pas si Jean-Denis fait allusion à la fois où je les avais accompagnés à la piscine municipale du cartier où Jean-Denis habitait, mais cette fois-là, je me souviens clairement de raël qui se promenait, s’arrêtant carrément devant des filles couchées sur leur serviette sur le sol, où il les regardait longuement, faisait des allées et venues fréquentes comme s’il cherchait quelque chose, en regardant les filles, les mains sur ses hanches, fier et provocateur. J’étais à côté de Jean-Denis, adossé à la clôture, et nous avions dit alors, qu’il avait l’air d’un vrai paon, se pavanant, car son attitude était gênante, et où il dégageait beaucoup d’arrogance.

D'ailleurs, cette expression fut également reprise par Claire déjà, en ma présence, qui avait dit de raël, qu’il faisait le paon, cherchant un public!

Page 85;
Jean-Denis m’avait déjà confié à l’époque, être indigné du racisme marqué que raël portait envers les noirs et qu’il leur tenait des propos très avilissants.

Je corrobore le fait que Jean-Denis offrait tout son temps et dévouement pour le Mouvement raëlien ainsi qu’à ses membres qui lui demandaient souvent conseils, où Jean-Denis était amené à remplir un rôle de soutien psychologique pour certains. Il ne comptait jamais son temps. Il ne lui restait que peu de temps pour s’occuper de son travail personnel, pour la mise en marché de ses cassettes de motivation et développement personnel (du nom de «Coup d’pouce»), pour lequel je travaillais avec lui au montage de ses publicités et gestion de commandes, quand je ne l’aidais pas au montage de carrousel diapo de présentation pour le Mouvement, et où le travail de sa compagne, Claire, alors agente d’immeubles, aidait également à leur subsistance.

Jean-Denis me confiait souvent qu’il devait s’efforcer de trouver un temps pour s’occuper également de son travail, pour assurer sa subsistance, avant d’être à sec financièrement, travail dont il avait fait sacrifice dans le succès qu’il aurait pu obtenir. Il était un vrai bourreau de travail pour le Mouvement, dont la charge était monumentale, étant un dévouement et du bénévolat à temps plein. Il était clair pour moi que sa personne passait en second plan, loin derrière le Mouvement. Il s’y est dévoué presque toute sa vie, littéralement.

Page 91;
Je me souviens avoir entendu parler qu’un palmarès ou liste des membres du Mouvement avait été créé, prenant note de leur salaire, où il serait vérifié que les pourcentages des dons demandés soient respectés scrupuleusement par les membres. Une année, au stage, j’ai entendu deux membres se dirent qu’ils quittaient le Mouvement, pour la trop grande ingérence dans leur vie privée et la trop grande insistance et pression qu’ils avaient subie par le Mouvement, qui insistait pour leur faire signer un règlement de compte sur un montant monétaire substantiel qu’ils devaient leur verser en don, sous menace d’expulsion du Mouvement.

Je ne les revis plus jamais. D’ailleurs à mon arrivée dans le Mouvement, plusieurs anciens membres quittaient les uns après les autres, telle une vague.

Page 91;
Ce que je n’aimais pas, c’est que cette forme de testament en faveur du Mouvement raëlien, nous soit imposée, comme condition, tout comme l’acte d’apostasie et les dons en pourcentage préétablis sur le salaire.

Page 93;
Je confirme avoir entendu raël demander aux filles, en plein stage, de devenir danseuses, et qu’il était plus payant pour elles dans les clubs à Toronto où elles feraient plus de 2000.$ par jour, car le Mouvement avait besoin de plus d’argent pour la diffusion, qu’il fallait contribuer davantage et que des comptes serait tenu à cet effet.

Page 97;
Je confirme que raël exigeait bien, en location de voiture, une belle Le Baron décapotable blanche, intérieur en cuir rouge, et rien de moins. J’ai d’ailleurs accompagné Jean-Denis pour cette location, et ai entendu raël le remercier d’avoir exécuté sa «commande», qu’il n’y avait rien de trop beau pour le guide des guides, avait-il dit, qu’il n’avait pas à se priver.

Page 97;
À propos de n’avoir rien dit à personne, à la demande de raël, concernant sa venue précipitée à Montréal, quelques semaines avant les stages, je vais devoir contredire Jean-Denis à cet effet. Étant donné que j’étais présente chez Jean-Denis, aussi souvent que 3 à 5 jours par semaine, chaque semaine, car j’y effectuais du travail pour lui ou le Mouvement, il avait dû me donner une explication.

Je crois bien que c’est de cette fois, dont il s’agit, lorsque Jean-Denis m’a dit que personne ne devait savoir que raël était chez lui, bien avant la période habituelle des stages, car il ne voulait pas être dérangé. Ce temps d’ailleurs, lui semblait interminable m’avait-il dit, où il me semblait, selon moi, éprouver une solitude inhabituelle, car nous échangions quelques contacts téléphoniques.

J’ai dû cependant passer chez Jean-Denis pendant cette période ou juste après le stage, où j’ai entrevu raël passer dans le petit passage, où il m’était apparu maigre, chétif et faible, un peu comme un animal blessé, terré dans un coin; l’impression était assez surprenante!

Claire avait parlé à Jean-Denis devant moi, expliquant qu’elle avait pris contact avec des professionnels de l’«Alimentation Hygiénique», une nourriture découlant des combinaisons alimentaires de Shelton, en France, pour plus amples conseils, disant qu’une bonne cure de désintoxication alimentaire par le jeûne avec reprise alimentaire progressive et soignée remettrait sur pied raël et qu’elle effectuerait un suivi, une fois en France.

Je sentais une atmosphère assez lourde, chargée et mystérieuse, empreinte de non-dit. Jean-Denis m’était silencieux, hors de ses habitudes. Aujourd’hui, je ne suis pas étonnée d’apprendre qu’il avait reçu, à cette période, les confidences troublantes de raël.

Je peux aisément affirmer que Jean-Denis m’apparaissait de plus en plus inquiet et songeur, justement après cette période, où il me confiait ses impressions, certaines confidences de raël, ses frasques et attitudes.

Jean-Denis m’avait dit une fois; «Mais qu’est-ce que je vais faire de raël, ah là, là!», après que Jean-Denis eu été déconcerté de son attitude, alors qu’il venait de considérer les femmes en vulgaire objet sexuel sans importance et qu’il venait de demander en ma présence, un détournement de fonds illégal!

Je m’explique mieux maintenant, pourquoi Jean-Denis m’apparaissait davantage morose et moins dégagé, à mon sens, après cette période… impression qui s’accentuait, plus le temps avançait.

Page 127;
raël affirmant qu’il faille défendre les messages au prix de sa mort… Il affirmait le contraire sur scène lors d’un stage, dans les débuts, où il affirma qu’il ne nous demanderait JAMAIS une chose pareille, de ne pas le suivre alors! Les raëliens d’alors, encore présents aujourd’hui, auraient-ils tous oublié? Comment peut-il dire de pareille infamie aujourd’hui. Il a changé sa vocation en cours de route et est devenu dangereux, tout simplement parce qu’il a inventé ce Mouvement de toutes pièces suite aux nombreuses opportunités qu’il a saisies, aux suggestions délirantes d’amis, au livre presque fidèle dans son histoire qu’il a plagié, et des idées déjà existantes sur le sujet de l’origine de la vie, du désir de tout un chacun d’être un élu face aux extra-terrestres, idées qui pullulaient dans ces années-là! Il s’est permis de le faire évoluer, ce Mouvement, au gré de son bon vouloir et de sa soif grandissante de pouvoir.

Page 143;
À propos de Jean-Denis qui n’avait pas alors, fait de distinction nuancée entre les Elohim de raël et ceux dont parle la Bible… Je peux affirmer qu’en 1992 cependant, lorsque nous avons communiqué ensemble par lettre, lorsque j’étais en Gaspésie, il m’a alors annoncé qu’il se dévouait maintenant aux Elohim de la Bible et non plus ceux de raël, avait-il dit.

Concernant la jalousie et la possessivité de raël envers sa Japonaise, je me souviens très bien des confidences personnelles que Jean-Denis m’avait faites sur ce sujet, à la même période où Jean-Denis le mentionne dans son livre. raël lui avait confié qu’il aimait assouvir ses instincts, faisant preuve d’une certaine violence et d’agressivité dans ses ébats sexuels, et qu’il se permettait d’être possessif et jaloux envers elle, et lui exigeait l’exclusivité totale et qu’il ne fallait pas le dire.

Jean-Denis m’avait confié qu’il n’était pas à l’aise avec les présences de filles que raël amenait chez lui, pour la nuit et qu’il avait imposé une fille à sa conjointe japonaise, pour la nuit, qu’elle devait s’y faire.

Page 156;
Être libre d’être raëlien ou d’une autre croyance… ce n’est pas le message que j’ai entendu. Les allusions de raël étaient remplies de culpabilité. Il instaurait la peur d’être renié du Mouvement si on allait voir ailleurs, qu’on en paierait le prix alors, si on le reniait, lequel il fallait accepter en même temps que les messages sur l’origine de la vie, où il reprenait la Bible, où l’on devait alors le suivre sous peine d’être recréé pour souffrir pour l’éternité, en exemple aux autres. Est-ce là une liberté de choix!

Page 159;
Une chance que je n’étais plus là, pour le voir se faire appeler «Sa Sainteté!» Il prônait pourtant, dans les débuts, un tout autre langage, nous sommant de ne pas verser dans l’idolâtrie ou l’excès, il avait pourtant promis qu’il n’en viendrait jamais là!

Page 172;
Encore une fois très surprise que raël ait pu écrire pareil texte, sur la soumission aux Elohim et au fait qu’on ne puisse se passer des guides-spirituels. Il prétendait le contraire au début. Il crée ainsi le besoin, pour continuer son œuvre. N’a-t-il pas écrit lui-même que les Elohim nous avaient créés légèrement supérieurs à eux! Ne doit-on pas laisser les enfants nous surpasser, sans nous les assujettir et les affranchir de leur dépendance envers nous?
raël s’est tout le temps démenti en fait!

Il aurait peut-être dû écrire son livre en ne parlant que de l’origine de la vie possible. Les gens auraient pu évoluer, en toute sincérité et libres de gourou!

Pages 172, 173;
Mythomane? En effet! Bravo pour ces constatations, raël est un excellent sujet d’études psychologiques à ce niveau, sans vouloir lui enlever son charisme et ses bons côtés, car nous en avons tous... je ne lui en veux pas, car je crois sincèrement qu’il a grand besoin d’aide, bien qu’il eut l’idée de guider spirituellement, tout de même, dans les débuts! Il a grandement dépassé ce cadre et s’est embourbé. Je l’aurais davantage préféré en Dalaï-lama moderne, ou penseur se souciant d’autrui, qu’usurpateur d’identité et profiteur financier. L’idée était bonne, mais non la motivation financière, ni le mensonge.

Page 193;
Remarque intéressante, j’ai aussi dit qu’il s’était nommé lui-même, demi-frère de Jésus et fils des dieux, un élu d’êtres venus d’ailleurs. Pardon, mais on se croirait dans un mauvais film de Jésus!

Bravo Jean-Denis pour ton courage à dire la vérité, en dépit du fait des représailles, ce faisant, que tu as pu subir. La liberté vaut la peine qu’on s’attarde à la défendre et c’est ce que tu as fait. Ton livre «Confessions de Raël à son ex-bras droit» mérite vraiment d’être lu.

Aussi, je vous recommande tous un bon film que j’adore et qui dit tout ce dont on a besoin de connaitre, disponible en dvd; «Jonathan Livingston le Goéland».

L’auteur, Richard Bach, a créé un livre qui offre une vision opposée à raël, par son appel à l’autonomie spirituelle si importante; «Le messie récalcitrant» (en bibliothèque). Très intéressant et édifiant!

Voilà! À tous, je vous souhaite la liberté de penser, qui est le droit inaliénable de l’homme!

Et continuez de vous instruire aux différentes idéologies de ce monde, c’est ainsi que l’on se forge une pensée véritable, par des choix éclairés et libres!

Bonne vie!
Et comme on dit, profitez-en; «One life, One chance!» (Une vie, une chance!).
France B.